Générosité de Nathacha Appanah, qui entend utiliser ce troisième temps de la journée pour mettre en lumière un premier roman et son autrice, Lucie-Anne Belgy. Dans Il pleut sur la parade, celle-ci met en scène Jonas, qui est juif, et Lucie qui ne l’est pas. Ils ont un enfant, Ariel, qui, très vite, va s’avérer violent avec les autres enfants de la crèche. Pour quelles raisons ?
C’est ce que le roman explore, déplie. Il n’est pas étonnant que ces deux questions (l’altérité et la filiation) aient retenu l’attention du prix Femina 2025, dont toute l’œuvre est traversée par cette question : sommes-nous ce que nous faisons de notre vie, ou sommes-nous poussés par des forces qui continuent d’agir à travers nous ?
Rencontre animée par Arno Bertina, écrivain et conseiller littéraire du festival
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Comme elle le confiait récemment au micro de Richard Gaitet, l’écriture, pour Nathacha Appanah, a bien des points communs avec la course à pied. Elle exige de l’endurance, du souffle, une précision de chaque instant : « maintenir le feu dans les jambes » tout en gardant « la précision de l’esprit ».
Depuis plus de vingt ans, ce marathon intérieur fait travailler sa langue à l’endroit exact où le politique et l’intime se rencontrent, dans un entre-deux où il ne s’agit ni de désamorcer la violence par le style, ni de simplifier le monde en le réduisant à l’univoque d’un récit, au souffle d’une seule voix. Dans son dernier livre, elle recourt à plusieurs reprises à la métaphore de la spirale pour évoquer l’écriture : un mouvement qui tourne sans cesse et sans jamais laisser atteindre son centre. Chez Nathacha Appanah, la fiction n’énonce pas de vérités définitives. Elle trame. Elle tisse. Elle déplace. Elle déploit.
C’est pour cette raison que nous lui avons confié cette année la feuille de route de notre « bibliotourbus ». Les trois rencontres qui constitueront ce parcours de lecture à travers son œuvre invitent à entrer dans cette dynamique : une littérature en mouvement, à la fois centripète et centrifuge, exigeante et sensible, où la quête n’est pas celle d’une vérité entière, mais d’une justesse fragile, conquise phrase après phrase, au plus près de la vie.
Parcours en navette sur réservation obligatoire
sur le site Hello Asso de l'Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis
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Rendez-vous à 10h15 devant la Gare du Nord
Au pied de la statue Angel Bear, l’ours ailé rouge de Richard Texier