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Écrire aux souffles : un parcours de lecture avec Nathacha Appanah
Etape #1 : « Comme ce serait formidable si la littérature avait ce pouvoir-là »
Rencontre avec Nathacha Appanah
illu-programme-2026
Illustration : Elene Usdin

En partenariat avec
la Médiathèque Saint John-Perse d'Aubervilliers

L’œuvre romanesque de Nathacha Appanah impressionne par sa justesse et sa cohérence.
Depuis la parution de Rochers de poudre d’or en 2003, l’autrice d’origine mauricienne aura su résister aux sirènes des représentations exotiques. Malgré l’audience grandissante de son œuvre et les récompenses reçues par chacun de ses livres, elle continue de ne pas tricher avec les descriptions qu’elle propose de la violence du monde, de la passion amoureuse (dans Blue Bay Palace) ou de l’amour filial (dans La noce d’Anna par exemple). 

Chacune de ses fictions apportant la preuve du courage de la romancière, cette intensité et cette exigence seront au cœur de ce premier dialogue, ainsi que l’art du roman développé par Nathacha Appanah.

Rencontre animée par Arno Bertina, écrivain et conseiller littéraire du festival

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Comme elle le confiait récemment au micro de Richard Gaitet, l’écriture, pour Nathacha Appanah, a bien des points communs avec la course à pied. Elle exige de l’endurance, du souffle, une précision de chaque instant : « maintenir le feu dans les jambes » tout en gardant « la précision de l’esprit ».
Depuis plus de vingt ans, ce marathon intérieur fait travailler sa langue à l’endroit exact où le politique et l’intime se rencontrent, dans un entre-deux où il ne s’agit ni de désamorcer la violence par le style, ni de simplifier le monde en le réduisant à l’univoque d’un récit, au souffle d’une seule voix. Dans son dernier livre, elle recourt à plusieurs reprises à la métaphore de la spirale pour évoquer l’écriture : un mouvement qui tourne sans cesse et sans jamais laisser atteindre son centre. Chez Nathacha Appanah, la fiction n’énonce pas de vérités définitives. Elle trame. Elle tisse. Elle déplace. Elle déploit.

C’est pour cette raison que nous lui avons confié cette année la feuille de route de notre « bibliotourbus ». Les trois rencontres qui constitueront ce parcours de lecture à travers son œuvre invitent à entrer dans cette dynamique : une littérature en mouvement, à la fois centripète et centrifuge, exigeante et sensible, où la quête n’est pas celle d’une vérité entière, mais d’une justesse fragile, conquise phrase après phrase, au plus près de la vie.

 

Parcours en navette sur réservation obligatoire
sur le site Hello Asso de l'Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis

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Rendez-vous à 10h15 devant la Gare du Nord
Au pied de la statue Angel Bear, l’ours ailé rouge de Richard Texier

À lire
Nathacha Appanah, Les Rochers de Poudre d’Or, Gallimard, 2003
Blue Bay Palace, Gallimard, 2004
La Noce d’Anna, Gallimard, 2005
En attendant demain, Gallimard, 2015
Tropique de la violence, Gallimard, 2016
Le Ciel par-dessus le toit, Gallimard, 2019
Rien ne t’appartient, Gallimard, 2021
Nathacha Appanah

Descendante d’Indiens venus sur l’île Maurice pour travailler dans les champs de cannes à sucre, mais élevée par des parents appartenant à la classe moyenne, Nathacha Appanah va d’abord travailler comme journaliste. Elle a vingt-cinq ans en 1998 lorsqu’elle s’installe en France et s’attelle à l’écriture de son premier roman. Ce sera Les Rochers de Poudre d’Or. Avec cette fiction publiée en 2003, une voix s’impose. Quitter l’île Maurice et choisir la langue française n’aura pas empêché qu’une fidélité s’exprime ; les questions de l’origine (familiale, sociale), des langues parlées (le telugu et le créole), et de l’histoire de l’île enfin, tragique, reviennent de livre en livre. Celle de l’emprise aussi, dans un roman comme En attendant demain et dans La nuit au cœur, qui a reçu tant de prix littéraires au cours de l’automne dernier.