En 2017, le quotidien La Croix invitait Nathacha Appanah à tenir une chronique hebdomadaire. Rassemblés en 2018 dans le volume Une année lumière, ces textes ouvraient un nouveau front dans son travail puisqu’elle allait continuer d’explorer ces territoires littéraires ne relevant pas de la fiction : en 2023 paraissait La mémoire délavée qui est une enquête autobiographique ; et en 2025 La nuit au cœur, dans lequel l’écrivaine enquête sur deux féminicides et sur un pan de sa propre histoire (une relation toxique remontant à l’époque où elle était encore mauricienne).
Ces trois livres relevant des « écritures du réel », nous demanderons à Nathacha Appanah de nous éclairer sur ce développement de son œuvre. Et sur ce que cela pourrait modifier de son rapport à l’écriture.
Rencontre animée par Arno Bertina, écrivain et conseiller littéraire du festival
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Comme elle le confiait récemment au micro de Richard Gaitet, l’écriture, pour Nathacha Appanah, a bien des points communs avec la course à pied. Elle exige de l’endurance, du souffle, une précision de chaque instant : « maintenir le feu dans les jambes » tout en gardant « la précision de l’esprit ».
Depuis plus de vingt ans, ce marathon intérieur fait travailler sa langue à l’endroit exact où le politique et l’intime se rencontrent, dans un entre-deux où il ne s’agit ni de désamorcer la violence par le style, ni de simplifier le monde en le réduisant à l’univoque d’un récit, au souffle d’une seule voix. Dans son dernier livre, elle recourt à plusieurs reprises à la métaphore de la spirale pour évoquer l’écriture : un mouvement qui tourne sans cesse et sans jamais laisser atteindre son centre. Chez Nathacha Appanah, la fiction n’énonce pas de vérités définitives. Elle trame. Elle tisse. Elle déplace. Elle déploit.
C’est pour cette raison que nous lui avons confié cette année la feuille de route de notre « bibliotourbus ». Les trois rencontres qui constitueront ce parcours de lecture à travers son œuvre invitent à entrer dans cette dynamique : une littérature en mouvement, à la fois centripète et centrifuge, exigeante et sensible, où la quête n’est pas celle d’une vérité entière, mais d’une justesse fragile, conquise phrase après phrase, au plus près de la vie.
Parcours en navette sur réservation obligatoire
sur le site Hello Asso de l'Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis
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Rendez-vous à 10h15 devant la Gare du Nord
Au pied de la statue Angel Bear, l’ours ailé rouge de Richard Texier