En partenariat avec
les rencontres littéraires Texto, organisées par le Service culturel de l'université Sorbonne Paris Nord, l’UFR Sciences de la communication, l’UFR LLSHS, la Bibliothèque universitaire Edgar Morin et le Département Carrières sociales de l’IUT de Bobigny
Avec Jouer le jeu et après La Petite Dernière, Fatima Daas prolonge son travail sur les zones de friction où se rencontrent l’intime et le politique. Le roman met en scène Kayden, lycéen·ne brillant·e, saisi·e dans l’instant où une promesse d’avenir s’ouvre : celle d’un concours, d’une reconnaissance, d’une possible sortie de cadre.
Mais cette promesse se double d’un trouble, né de la relation qui se tisse avec une professeure de français, entre soutien, fascination réciproque et relation abusive. Ce que le livre observe avec une grande justesse, ce sont les rapports de pouvoir qui circulent dans les gestes les plus ordinaires : l’encouragement, le regard qui distingue, la parole qui légitime. Loin d’un récit héroïque de la réussite, Jouer le jeu montre combien l’ascension sociale est aussi un espace de vulnérabilité, où se rejouent des inégalités de classe, de genre et de désir.
Fatima Daas fait ainsi apparaître ce que l’institution scolaire préfère souvent taire : les ambiguïtés affectives, les attentes implicites, et les violences invisibles qui accompagnent la sélection des « élu·es ».