Après La Petite Dernière, Fatima Daas poursuit l’exploration de ces années de formation où s’intriquent construction identitaire, trouble des désirs et déterminisme des rapports de pouvoir.
Alors qu’une professeure de français encourage Kayden à préparer le concours de Sciences-Po, se noue entre l’élève et l’enseignante une relation ambiguë, faite d’admiration, de projection et de désir silencieux. À hauteur de personnage et dans une langue directe et incarnée, Jouer le jeu interroge ainsi les promesses de la méritocratie, les mécanismes de l’ascension sociale et les violences plus diffuses qui traversent l’institution scolaire.
Un roman d’apprentissage tendu et sensible, qui déplace ainsi le récit du « transfuge de classe » pour en révéler les angles morts : qui est choisi, qui reste invisible, et à quel prix faut-il réussir ?