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Avec L’Entroubli, Thibault Daelman signe un premier roman inclassable : récit d’enfance, roman de formation, mais sans la perspective sociologique à laquelle ce type d’entreprise littéraire nous a habitués ces dernières années. Il s’agit avant tout d’une expérience sensible déposée sur la page : odeurs, goûts, lumières, violences diffuses, mais aussi bruits, cris, paroles et silences.
Son écriture, qui assume le lyrisme et le baroque, fait bruire le texte comme une mémoire vive, traversée par le trop-plein des sensations enfantines. L’« entroubli » — cet état paradoxal d’oubli et de concentration emprunté au poète médiéval François Villon — devient le lieu même de l’écriture. Au fil du récit, et notamment à travers la figure centrale et ambivalente de la mère, se joue une naissance : celle d’un écrivain qui, en écrivant, parvient à contenir sans la simplifier la brutalité du réel, et à transformer l’expérience la plus âpre en matière littéraire.