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Rencontre avec Frédéric Paulin
Une guerre sans fin au pays du Cèdre
illu-programme-2026
Illustration : Elene Usdin

Il aura fallu près de 1 500 pages à Frédéric Paulin pour venir à bout de l’entreprise. Découpée en trois tomes parus entre août 2024 et septembre 2025, la trilogie de l’auteur rennais couvre quinze ans d’histoire du Liban, de 1975 à 1990, juste après l’accord de Taëf en 1989 qui met officiellement fin à la guerre civile sans pour autant faire taire la violence. Le dernier volet, Que s’obscurcissent le soleil et la lumière, s’ouvre sur l’attentat de la rue de Rennes et suit les derniers feux de la première cohabitation. Il y a dans l’écriture de Frédéric Paulin, dans sa manière de mener son récit au pas de charge, avec quelques ralentis bienvenus, quelque chose de complètement addictif qui ferait passer les séries politiques de Netflix pour des bluettes mollassonnes.

Avec son lot de vengeances, de trahisons, de règlements de comptes et de crimes de sang, la trilogie libanaise de Frédéric Paulin s’apparente à une tragédie antique. Une impression que corroborent les titres à rallonge des trois volumes, Nul ennemi comme un frère, Rares ceux qui échappèrent à la guerre et Que s’obscurcissent le soleil et la lumière.

Qu’il s’agisse de Christian Dixneuf, l’ex-agent de la DGSE devenu « tueur de la République » ou de Nicolas Caillaux, flic rongé par son travail, les personnages masculins sont les instruments d’un fatum, un destin, qui semble les dépasser. Les femmes, elles, regardent les hommes tomber. S’il reste hors champ, le peuple libanais est le grand perdant d’un conflit dont les répliques parviennent jusqu’à aujourd’hui. Raison de plus pour plonger la tête la première dans cette somme qui dépasse les frontières du roman noir, presque un genre en soi.

À lire
Frédéric Paulin, Nul ennemi comme un frère, Agullo, 2024
Frédéric Paulin, Rares ceux qui échappent à la guerre, Agullo, 2025
Frédéric Paulin, Que s’obscurcissent le soleil et la lumière, Agullo, 2025
Frédéric Paulin

Frédéric Paulin écrit des romans noirs depuis presque dix ans. Il est l’auteur de Les Cancrelats à coups de machette (Goater, 2018), La Guerre est une ruse (Agullo, 2018 - Étoile du polar 2018 Le Parisien) ou encore Prémices de la chute (Agullo, 2019 - Grand prix de littérature policière 2020).