Ils sont treize, ouvriers dans un même atelier de maintenance ferroviaire, et chaque vendredi 13, ils jouent ensemble au loto. Ce jour-là, la chance leur sourit enfin : un gain conséquent, mais pas miraculeux - cent mille euros chacun - qui bouscule le quotidien façonné par le travail, la solidarité et la lutte syndicale.
Dans Les Têtes hautes, Martin Thibault brosse le portrait d’une génération ouvrière contemporaine, moins représentée que celle des années 1970. Entre solidarité discrète et amitiés sincères, il montre des hommes et des femmes qui gardent la tête haute malgré l’usure, les corps marqués par le travail et les espoirs qui tiennent debout de justesse. À travers le regard d’un narrateur militant, le roman explore la fidélité à soi et aux autres, la persistance des liens dans un monde ouvrier souvent invisibilisé, et la question de savoir jusqu’où il est possible de rester fidèle à ses convictions.
Pour cette rencontre, l’auteur proposera une lecture musicale et visuelle : ses extraits seront accompagnés de Dominique Mourouvin au saxophone et Matthieu Frachet à la batterie et aux percussions, tandis que des images d’archives viendront compléter l’expérience. Une immersion sensible dans le quotidien ouvrier, où le travail, la camaraderie et la dignité reprennent toute leur place, sans nostalgie ni fioritures.