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Dans La Bonne Mère, Mathilda di Matteo fait de Marseille bien plus qu’un décor : une origine sociale, affective et politique qui résiste à l’effacement. Clara, partie étudier à Sciences Po à Paris, tente de gommer son accent et ses héritages pour s’intégrer à un milieu bourgeois qui continue pourtant de l’exotiser. Face à elle, sa mère Véro, exubérante et solaire, incarne une féminité populaire disqualifiée par les normes dominantes.
Lorsque Clara revient à Marseille avec Raphaël, héritier parisien au mépris feutré, le roman fait surgir les lignes de fracture entre classes sociales, territoires et générations. Alternant les voix de la mère et de la fille, le livre déjoue le récit classique du transfuge : il ne raconte pas une ascension, mais interroge ce que coûte l’adaptation et ce que l’on reproduit malgré soi, notamment les violences symboliques et patriarcales.
Sous son ton vif et mordant, La Bonne Mère déploie une politique du matrimoine et de la sororité, où l’amour maternel, tendre et féroce, devient une force de résistance.
Rencontre animée par Florence Bouchy
Florence Bouchy est journaliste littéraire. Elle collabore au Monde des livres, et anime de nombreuses rencontres dans les salons et festivals littéraires.