Mars 2020. La France se confine. Dans l’urgence d’une pandémie qui bouleverse tous les repères, David Deneufgermain, psychiatre, partage son temps entre son unité mobile qui sillonne une ville fantôme pour protéger les plus vulnérables, et les unités Covid où les malades meurent seuls. À partir du journal de bord qu’il tient alors, L’Adieu au visage interroge ce que la crise a fait à nos corps, à nos morts, à notre humanité même. Lorsque la toilette mortuaire et l’ultime rencontre avec le défunt sont interdites par décret, que reste-t-il de la dignité, de la mémoire, de la possibilité de dire adieu ?
Roman du réel en apnée, à la frontière de la littérature, de la sociologie et du témoignage, on y croise des soignants contraints d’improviser, des familles privées de rituels, des sans-abri abandonnés à la peur, mais aussi une résistance fragile : celle qui consiste à continuer de prendre soin, parfois contre la loi, pour préserver un reste d’humanité. Méditation bouleversante sur la place du visage comme ultime lien entre les vivants et les morts et hommage aux gestes minuscules qui empêchent la déshumanisation, L’Adieu au visage consigne tel un mémorandum tout ce qui fait de nous des êtres encore capables de regard, de respect et de présence.