À la mort de sa mère, Sarah ne reçoit qu’un legs dérisoire en apparence : les clés d’une maison perdue dans les montagnes albanaises et une injonction énigmatique, « Trouve Elora ». Ce sera pourtant le point de départ d’une quête vertigineuse, dans une Albanie pastorale marquée par le joug du régime d’Enver Hoxha, par les mythologies et les rites anciens, par le Kanun – loi du sang ancestrale insoluble dans le communisme –, mais aussi par la résistance et la transmission qui passe par le pouvoir des mots et de la littérature.
Marie Charrel tisse ainsi un récit polyphonique, traversé par plusieurs temporalités : les années soixante-dix au cœur de la dictature, les années quatre-vingt-dix et l’effondrement du communisme albanais, et l’époque contemporaine. On y croise une chercheuse en écoacoustique attentive aux bruissements du monde, des bergers lecteurs de poésie, des femmes qui refusent de céder aux assignations, et une nature omniprésente : à la fois refuge, menace et mémoire vivante.