Dans Choses qui arrivent, Touhfat Mouhtare, née aux Comores et venue étudier en France, revient sur son basculement dans la clandestinité alors qu’elle était étudiante. Un jour, lasse de faire la queue devant la sous-préfecture pour renouveler son titre de séjour, elle ne s’est pas présentée au rendez-vous. Un geste conscient sur lequel elle décide de revenir des années plus tard avec le récit de cette vie sur le qui-vive, où d’autres gestes qu’elle croyait anodins – prendre le bus, ouvrir un livret A, aller à la bibliothèque – deviennent dangereux. Vivre devient survivre, malgré le soutien de ses parents et son appartenance à l’élite comorienne.
À partir de cette histoire, Touhfat Mouhtare déplie une trajectoire singulière, entre la France, les Comores et le Burundi, où son père était diplomate et où elle a vécu le début du génocide contre les Tutsis en 1993. Échappé des contes de son enfance, Gustave, le crocodile du fleuve Tanganika, matérialise une terreur qui ne faiblit jamais. Composé de onze « boucles », comme autant de « collines à gravir », ce récit revient sur l’importance de l’écriture pour « sortir de la cage ».