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Rencontre avec Tonino Benacquista
La langue en travers de la gorge
illu-programme-2023
Dessin : Aline Zalko

Avant de se consacrer, avec le succès que l’on sait, à l’écriture de romans noirs et de scénarios, Tonino Benacquista a été cet enfant d’une immigration italienne subie. En adoptant pour la première fois une forme autobiographique, c’est cette histoire-là que, la soixantaine venue, ce « fabricant de fiction » décide de raconter sous le titre de Porca miseria : un juron que l’on pourrait traduire par « chienne de vie » – unique héritage culturel laissé par ses parents broyés par l’exil. Autant dire bien peu, quand « même un proverbe napolitain aurait fait l’affaire »

L’auteur place donc la conquête de la langue française au centre de son récit. Ce « cancre absolu et confirmé », détestant l'école, ayant décidé de l’affronter d’abord sur le terrain de l’écriture avant celui de la lecture, par esprit de revanche car « écrire, c’est se venger ». Se venger du réel, sur lequel on peut reprendre la main, et ainsi lui trouver un sens.

La rencontre est animée par Sonia Déchamps, journaliste

À lire
Tonino Benacquista, Porca miseria, Gallimard, 2022
Tonino Benacquista

Issu d'une famille d'émigrés italiens, Tonino Benacquista s'est fait connaître du grand public par La Commedia des ratés (Gallimard, 1991), suivi par Les Morsures de l'aube (Rivages, 1992). Avec Nos Gloires secrètes (Gallimard, 2013), il obtient le prix de la nouvelle de l’Académie française et le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres. Parallèlement à l'écriture romanesque, il est co-scénariste de nombreux films, notamment de Jacques Audiard (Sur mes lèvres, De battre mon cœur s'est arrêté) et scénariste de bandes dessinées.